Equipage Servant

(1852 - 1894)

Maître(s) d'équipage M. Alexandre Servant (1852 - 1894)
TerritoiresVillers Cotterêts, Fontainebleau, Chantilly
Devise(s)Servant servant.
Fanfare(s)La Servant, La Lamorlaye
Historique

M. Servant, beau-frère de M. J. Delchet, habitait le château de Presles, ancien rendez-vous de chasse des princes de Conti. Il était louvetier pour le canton. En 1894, ses deux meutes étaient devenues extraordinaires avant d’être vendues aux enchères, et M. Servant fut appelé « Roi des veneurs » par le baron de Vaux. Son intrépidité et ses qualités de maître d’équipage furent relatées par le comte des Nétumières, d’après les archives de sa nièce, Madame de Galard.

 

M. Servant loue, pour la saison, la chasse de Villers-Cotterêts (cerf) du 14 décembre 1872 jusqu'au printemps 1873. Dans la première quinzaine de décembre, la Société de l'Isle-Adam (premier nom donné à l'Equipage Servant), remplaçant l'Équipage de Chézelles, découple soixante chiens en Villers-Cotterêts. Un grand break attelé de six percherons, mène les invités au rendez-vous et fait suivre la chasse à ceux qui ne sont pas montés. À la fin de la saison, la chasse de la forêt de Villers-Cotterêts est relouée pour huit ans (1873-1881) par M. Foacier de Ruzé.

 

Hallali de sanglier - Collection particulière - Don à la Société de Vènerie

(Hallali de sanglier par Georges Busson - Collection particulière - Don à la Société de Vènerie)

 

M. Servant, n'arrivant pas à s'entendre avec lui, la chasse à courre est cédée à la société Lubersac, Arthur de Chézelles, Courval. Aucun document ne prouve, à part une gravure, que le Vautrait Servant s'installa dans la maison précédemment occupée par les Chézelles. Nous devons nous satisfaire du témoignage de Mme Maréchal qui se rappelle, les fastes de cet équipage au temps où, elle séjournait chez son grand-père, dans la maison d'en face, une partie de l'ancienne vénerie du duc d’Orléans. Elle apercevait le grand salon du premier étage, illuminé les soirs de chasse.

 

Alexandre Servant portant longue barbe, était un cavalier exceptionnel, courageux jusqu'à la témérité, bravant tous les temps, toutes les fatigues, faisant l'admiration de tous ceux qui l'ont vu derrière ses chiens, à la poursuite d'un sanglier. M. Servant emploie un moyen assez original, mais fort pratique pour se procurer des sujets rares. Il a plusieurs courtiers attitrés en Angleterre ; à chacun d'eux il donne une aquarelle représentant le chien qu'il désire comme taille, couleurs, modèle; des mesures exactes accompagnent chaque aquarelle. Tout chien qui s'écarte du type est renvoyé franco au courtier.

 

La meute comprend soixante-cinq chiens tricolores, des Foxhounds de grande taille qui étouffent un gros sanglier sans qu'on ait habituellement recours au couteau ou à la carabine. Faverolles, Borny, Perroy, Malva, Crépy sont des chiens hors ligne. À l’exposition canine de 1886, Malva obtient la médaille de vermeil et Bois-Brûlé, la médaille d’argent. La plupart des chiens nés au chenil ont pour origine, l’exceptionnel Montjoie, primé en 1881.

 

M. Servant est assisté de son jeune lieutenant M. Poiret. Il dispose de sept hommes, trois à cheval, quatre à pied : Allard, premier piqueur ; Henry, deuxième piqueur, valet de limier remarquable ; Naudin, dit « Débuché », troisième piqueur ; Aubertel, premier valet de limier; Jules, valet de chiens qui a deux hommes sous ses ordres. Il y a en plus Jean qui commande les hommes d'écurie. En résumé, c’est trois piqueux à cheval et quatre valets de chiens à pied.

 

Le grand-duc Nicolas de Russie chargé par le sanglier - Collection A.-P. Baudesson - Don à la Société de Vènerie

Le grand-duc Nicolas de Russie chargé par le sanglier par Charles Boyer - Collection A.-P. Baudesson - Don à la Société de Vènerie

 

Le vautrait Servant chassait fort bien. Sans doute y avait-il beaucoup de sangliers à l'époque en forêt de Retz, mais ce vautrait pratiquait scrupuleusement « l'art » de la vénerie. En cours de chasse, les piqueurs s'arrêtaient fréquemment pour contrôler le vol-ce-l'est et ne sonnaient le Bien-Aller que s'ils étaient certains qu'il n'y avait pas change.

 

Le 12 mars 1881, la chasse de Villers-Cotterêts est mise en adjudication au prix de 15 000 francs. M. Servant s'adjuge la chasse au grand gibier, qu’il ravit au marquis de Lubersac, qui la détenait depuis dix années, à la suite de ses cousins de Chézelles. M. Servant cède le courre du cerf aux trois frères Menier et s’installe dans la propriété précédemment occupée par l’Équipage Picard-Piqu’Hardi.

 

Le grand duc Nicolas de Russie, frère du Tsar Alexandre II, assiste en Villers-Cotterêts à la chasse du Vautrait Servant, le samedi 19 mars 1887. M. Servant note: "La chasse du samedi 19 mars datera pour toujours dans ma mémoire." La dernière chasse de l'équipage a lieu le 30 avril 1887. Ainsi se termine la saison à Villers-Cotterêts ; une cabale étant montée contre M. Servant, il renonce à y chasser désormais.

 

L'Equipage Servant par Charles-Olivier De Penne - Collection privée - Don à la Société de Vènerie

De Penne - L'Equipage Servant - Collection privée - Don à la Société de Vènerie

 

Alexandre Servant quitte à regret Villers-Cotterêts, magnifique terrain de chasse par la beauté de la forêt, la variété des parcours, tantôt en futaie traversée en plein galop derrière les chiens, tantôt en plein fourré dans les fameuses tailles d'Ivors où les animaux rusant et cherchant le change permettaient aux chevaux de souffler.

 

(Fiche réalisée avec le concours de M. A.-P. Baudesson)

Race(s) de chiens Poitevin
Stag Hound
Chenil Château de Presles 95290 L'Isle-Adam (1852 - 1894)
SanglierChevreuilCerf